L’effet SMOKE est un événement de pollution atmosphérique intense qui se produit malheureusement tous les ans dans différentes régions d’Asie. On le nomme en France de brouillard de pollution. Il a été largement popularisé par les images venant des grandes métropoles chinoises. Cependant, en Thaïlande ce phénomène existe, d’une intensité moindre à la Chine, et très saisonnier mais son origine est différente.

D’où vient ce brouillard de pollution ?

Contrairement à ce qu’on pense, la raison essentielle du brouillard de pollution n’est pas en priorité les transports et l’urbanisation des villes, mais d’abord les départs de feu saisonniers. L’agriculture thaïlandaise est une composante importante à la vie économique du pays. La Thaïlande est l’un des plus grand producteur et exportateur de riz au monde. Cette agriculture créée beaucoup de déchets organiques dont il est plus facile de brûler pour s’en débarrasser. Par ailleurs, l’agriculture se développe en transformant davantage de jungle en terre exploitable. La politique des terres brûlées permet aussi, à moindre coût, de participer à grande échelle au développement de cette économie.

Carte animée de l'évolution du brouillard de pollution en Thaïlande. Le brouillard de particule démarre par le nord du pays vers Chiang Mai et aussi vers Bangkok. Lors de la saison chaude de février à mars, le brouillard de particule est le plus intense sur la majeur partie du pays avec des pic de pollution dans la partie nord de la Thaïlande. Avec la saison des pluies vers Juin - Juillet, le brouillard de particule disparait petit à petit avec un atmosphère sain vers la fin de l'année en Décembre
évolution du SMOKE en Thaïlande sur un an

La conséquence de ces incendies sont largement renforcés à cause des effets de la saison chaude durant laquelle ils sont pratiqués (voir notre article sur le climat en Thaïlande). La saison chaude se traduit par très peu de précipitation, peu de vent et un anticyclone permanent pendant plusieurs mois. Tous ces facteurs renforcent les incendies par une sécheresse saisonnière et par un effet de coffrage atmosphérique qui garde les fumées et les particules coincées entre les collines du nord de la Thaïlande et donc sur les grandes villes comme Chiang Mai et Chiang Rai.

 

Evidemment l’urbanisation, l’utilisation importante des climatiseurs en saison chaude, et la circulation difficile de ces villes augmente aussi le taux de particule dans l’air, mais les départs de feux volontairement causés par le monde agricole participent à la création d’un brouillard de pollution saisonnier.

 

Depuis plusieurs années la pollution atmosphérique est devenu un véritable sujet politique en Thaïlande. Le gouvernement mène des actions afin de changer les mentalités, d’abord du côté des fermiers thaïlandais. On le constate avec le graphique ci-dessous, l’année 2016 a connu un nombre quasiment 4 fois plus faible de départ d’incendie qu’en 2012 alors que nous sommes dans une tendance de sécheresse généralisée en Asie.

Le nombre de départ de feu en Thaïlande a été très importante en 2010 pendant la saison chaude du mois de février à mars, jusqu’à 11000 incendies détectés en mars 2012. Les années qui ont suivi montre une diminution importante à 2600 incendies en mars 2016, essentiellement en 2016, du nombre de départ de feu par les fermiers thaïlandais.
nombre de départ de feu constaté par mois en Thaïlande – source des données www.asmc.asean.org

 

les thaïlandais sont les 3ème à se sentir concernés par les questions environnementales

Enfin, nous pouvons signaler que les thaïlandais sont parfaitement conscient de ce phénomène, et ils le prouvent par cette étude réalisée e 2011 parmi 13 pays d’Asie que les thaïlandais sont les 3ème à se sentir concernés par les questions environnementales.

 

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